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C'était notre terre C'était notre terre

C'était notre terre

Mathieu Belezi
Collection : Littérature & Documents
choix du libraire
Prix TTC :
7,50 €

Date de parution : 03.03.2010

Éditeur d’origine : Albin Michel
Langue : Français
EAN / ISBN : 9782253133339
Code Hachette : 3133337
 
résumé

Le domaine de Montaigne, quelque part dans le Dahra berbère, propriété depuis plus d’un siècle des Saint-André. Tel est le décor de ce roman choral entêtant qui tisse la trame complexe d’une page douloureuse de l’histoire de l’Algérie à travers les voix de six personnages. Tour à tour conquérantes, désespérées, implorantes, le plus souvent discordantes, ces voix s’interpellent et se répondent pour composer le chant funèbre de l’Algérie coloniale, celui des vainqueurs comme des vaincus, unis désormais dans la souffrance d’un déracinement insurmontable. L’écriture libre et singulière de Mathieu Belezi, le souffle et le rythme incantatoire de ce roman en font une oeuvre unique.

Ce roman envoûtant a l’outrance d’une tragédie et la beauté noire d’un requiem. Jeanne de Ménibus, Le Journal du Dimanche.

Chant funèbre, certes, mais sans jérémiades ni sentimentalisme exagéré. Il ne s’agit ici que de la vérité des êtres et de la beauté profonde d’une terre. Edmonde Charles-Roux, La Provence.

  • Bonus

  • Ce qu'ils en pensent

    Un excellent roman, à lire et à relire.
    Récit à six voix, « C'était notre terre » emporte le lecteur loin, très loin, au dessus de la Méditerranée, par delà le désert brûlant, au domaine de Montaigne, là bas, en Algérie française.
    Sur cette terre dérobée, arrachée, retournée, saccagée s'affrontent et se conjuguent six destins : le père, la mère, les deux filles, le fils et la servante.
    Souffle à vos oreilles le murmure de l'intraitable Mme de Saint André, créature d'un autre temps, calée dans son fauteuil à oreilles, qui ressasse inlassablement les mêmes douloureux souvenirs, avec pour seule compagnie les morts, ceux qui ont fui Montaigne, les termites qui envahissent la maison et la vieille Fatima, plus bête que jamais.
    Résonne dans les plaines le galop du cheval de Mr de Saint André, lorsque chaque soir il quittait la table familiale en sifflant un air d'opéra, pour aller goinfrer son corps de colon de tout ce que l'Algérie compte de putains divines et corrompues.
    Cogne le cœur de Claudia, lorsqu'elle observe la voiture de l'homme qui l'a courtisée dans les rues d'Alger soulever enfin la poussière de la terre de Montaigne. Ses rêves de cadette ainsi réalisés se brisent contre la violence des Arabes, la réplique des colons, les jambes arrachées des femmes à la terrasse des cafés, la peur, la haine. L'exil, enfin.
    Hurle la voix d'Antoine, le fils prodigue, qui s'oppose à la sale destinée de fils de colon qui l'attend. Révolté, il se heurte aux de Saint André, lui, censé se battre aux cotés des siens pour conserver cette Algérie à laquelle ils ont tout donné. Enragé, furieux, il se range aux cotés des traîtres et fabrique lui même les bombes qui sonneront le glas de l'Algérie Française.
    Grincent les dents de Marie Claire, lorsque, engoncée dans son pantalon d'homme, les pensées impures l'assaillent et la ramènent vers l'étrange Arlette, au corps sensuel et interdit, dans cette Algérie dont elle déteste jusqu'à la poussière, l'odeur de terre sèche et brulée.
    Enfin, craquent les os de la vieille Fatima quand elle frotte de ses mains noires le granit de l'entrée. Traitée moins bien qu'une chienne, moins bien que les fusils d'Ernest et le tableau du grand père de Saint André, la vieille kabyle, dont chacun ignore l'histoire, frissonne en attendant que les fellahs viennent les égorger et les violer, sa maitresse et elle-même, deux vieilles femmes aveugles et courbées, qui refusent de céder et de rendre leur Algérie.
    Avec ce roman sublime et son style unique, Mathieu Belezi signe ici une inoubliable fresque sur l'Algérie. A lire et à relire.
    http://devorelivre.over-blog.com/  

    Un roman touchant.
    Merci au Livre de poche pour ce livre dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à entrer et qui a fini par me séduire.
    Mathieu Belezi écrit ici un roman à plusieurs voix. Ces voix sont celles des Jacquemain. Hortense, née Saint-André, possède d'immenses terres acquises par ses ancêtres à la force des armes. Elle a épousé Ernest Jacquemain, plus intéressé par la fortune que par la femme. Elle a eu trois enfants : Claudia, Marie-Claire et Antoine. Chacun son tour, un personnage prend la parole. Les uns sont morts, les hommes, les autres sont vivantes. Tous content la vie en Algérie, cette Algérie française. Hortense ne l'a jamais quittée et se cramponne à son domaine. Ernest a profité de toutes ses beautés et a lutté pour ne pas en être dépossédé. Claudia et Marie-Claire ont fuit, l'une pour vivre avec sa famille, l'autre pour entrer au couvent. Quant à Antoine, il s'est engagé pour la libération de l'Algérie.
    Personnage central mais toujours en retrait, Fatima s'exprime au milieu du livre et retrace elle aussi ses années sur les terres de Montaigne (nom du domaine).
    Il y a dans ce roman des histoires et des secrets de famille mais c'est surtout l'arrière plan politique et culturel que j'ai retenu. Cette lutte pour la liberté, ces hommes considérés comme des enfants...
    Le style m'a d'abord beaucoup gênée et je dois dire que je ne suis toujours pas fan : Mathieu Belezi aime les phrases sans majuscules et sans points, interrompues par des dialogues. Il aime les situations que décrivent des mots crus. Mais c'est aussi ainsi qu'il nous touche.
    http://pralinerie.blogspot.com/  

    Un style séduisant et poétique.
    Exilée en France, devenue une « pied-noir » que ses voisins méprisent, Claudia se souvient avec nostalgie de son enfance dorée en Algérie et du domaine de Montaigne dans lequel elle a grandi. A sa voix se mêlent celle de sa sœur Marie-Claire, entrée dans les ordres, et celles des autres membres de la famille disparus depuis longtemps, son frère Antoine, leurs parents Hortense et Ernest, et leur domestique, Fatima. Six voix, six points de vue différents qui permettent de dessiner une image complexe de l’Algérie entre les années 40 et les années 60. Si Claudia et ses parents n’ont jamais douté de leur bon droit à occuper cette terre algérienne, Antoine, lui a décidé de rejoindre les rangs du FLN.
    Ce qui frappe d’abord quand on ouvre ce roman c’est son style très particulier, sans aucun point, basé sur un système très travaillé d’interruptions et de répétitions. Il désarçonnera sans doute plus d’un lecteur, mais il ne m’a pas franchement gêné, je l’ai même trouvé plutôt séduisant et poétique. Me laissant porter par ce chant, j’ai beaucoup aimé le début du livre (je suis plutôt friande de ce genre de roman polyphonique). Mais je me suis vite lassée de cette histoire trop répétitive, revenant sans cesse sur les mêmes faits, le roman tourne en rond, et le lecteur aussi! Hormis peut-être Antoine, les personnages m’ont semblé aussi très caricaturaux: les colons sont arrogants, bien campés sur leurs certitudes, affichant un mépris sans failles envers les algériens. Le roman s’ouvre d’ailleurs sur cette phrase prononcée par Claudia, et qui donne très justement son titre au livre: « C’était notre terre ». Mais les algériens n’en sont pas pour autant plus sympathiques, laissant libre-cours à une violence sans limites dès que le vent tourne… Ce sont certaines scènes particulièrement sauvages qui ont eu raison de ma patience (je pense notamment à ce passage où des algériens ouvrent le ventre d’une femme enceinte avant de dévorer le fœtus). Et j’ai finalement abandonné ce livre au bout de 350 pages.
    http://www.carnetdelectures.com/  

    Les dernières heures de l’Algérie coloniale, perçues à travers six protagonistes qui, bien que défendant
    des intérêts différents, finiront tous broyés. C’était notre terre est un roman sans complaisance, où
    violence et poésie se côtoient, dans une écriture magnifique et envoûtante. Nathalie, Toulouse (31)
    Roman polyphonique inoubliable dont le personnage principal est l'Algérie coloniale. Mathieu Belezi a le
    mérite, dans ce roman, de traiter ce sujet, particulièrement difficile et sensible, en abordant les
    différents points de vue, sans jamais toutefois prendre parti et/ou tomber dans la facilité. Cétait notre
    terre se trouve servi en outre par une plume magnifique, précise et souvent empreinte de poésie. Un
    livre à lire absolument et à offrir...
    David, Creil (60)

    Souvenirs, souvenirs...On se brûle les ailes au soleil de cette Algérie, française encore mais déjà plus
    pour très longtemps. Nous découvrons la vie de cette famille de "colons" installée depuis plusieurs
    décennies sur cette terre appelée Montaigne, nous suivons la lente agonie de la dernière propriétaire
    des lieux avant que la révolution ne fasse son travail. En parallèle, ses enfants, eux les "Pieds Noirs"
    rentrés sur cette terre de France qui ne les accepte guère, vivent leur fin de vie en n'ayant qu'un seul
    regret : c'était notre terre !
    Amanda, St-André des Eaux (44)

    L'histoire est magnifiquement portée par des êtres jamais caricaturaux, tous profondément humains
    dans une tragédie familiale autant que nationale. Les atrocités des deux parties sont montrées, dans un
    refus du manichéisme qui ne peut cacher un chant d'amour à une terre dure et magnifique. Et puis, la
    construction envoûte le lecteur, comme une mélopée où chaque personnage chante son destin
    fatidique, qui culmine dans une fin terrible et à la mesure d'un roman historique dans tous les sens du
    terme.
    Elise, Paris (75011)


  • extraits

  • choix du libraire

L'avis de Philippe Leconte de la librairie Le Livre Ecarlate

On sait, en finissant ce livre, qu'on ne l'oubliera jamais.

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